Une nouvelle année commence et, comme toujours, son lot de changements débarque pour les entreprises. Entre revalorisations automatiques, réformes des cotisations sociales et petits tremblements de terre législatifs, janvier 2026 est mouvementé. Et cette année, beaucoup de choses se corsent, notamment à cause de l’absence de loi de finances votée à temps, qui rajoute une couche d’incertitude. Mais pas de panique, je vous propose de faire le tour de la question.
Le Smic grimpe (un peu)
Je commence par un classique de janvier, à savoir la revalorisation du salaire minimum. Le Smic augmente en effet de 1,18 % depuis le 1er janvier 2026, soit un montant horaire brut de 12,02 euros. Concrètement, pour un temps plein, le salaire arrive à 1 823,03 euros brut mensuels, ou 1 443,11 euros net.
Certes, cette hausse ne casse pas trois pattes à un canard, mais c’est toujours bon à prendre.
Bon à savoir : Cette augmentation s’applique partout en métropole et dans les départements d’outre-mer, sauf à Mayotte qui dispose de son propre régime.
Attention, pour les stagiaires aussi, ça bouge, puisque la gratification minimum passe à 4,50 euros par heure. Les entreprises qui accueillent régulièrement des étudiants en stage doivent désormais revoir leurs budgets en conséquence.
Le plafond de la Sécurité sociale prend de la hauteur
Le plafond annuel de la Sécurité sociale (Pass) grimpe, quant à lui, de 2 % pour atteindre 48 060 euros. « Et alors ? », me direz-vous ? Eh bien, à vrai dire, ce chiffre sert de base de calcul pour un paquet de cotisations sociales (assurance vieillesse, chômage, régimes de retraite complémentaire, etc.), sans compter qu’il sert aussi à définir les seuils d’exonération fiscale et sociale des indemnités de rupture. En d’autres termes, quand le Pass monte, toute votre mécanique de paie suit le mouvement.
Les cotisations patronales se réinventent
Gros morceau de ce début d’année, la réduction générale des cotisations patronales (ex-réduction Fillon) qui change de visage. En effet, les modalités de calcul sont modifiées pour tenir compte de la suppression des taux réduits d’assurance maladie et d’allocations familiales. L’objectif ? Simplifier le système. Dans les faits, ça demande une mise à jour de vos procédures de paie et un œil attentif sur les nouvelles formules de calcul.
Autre nouveauté avec la déduction forfaitaire sur les heures supplémentaires, qui s’étend enfin aux entreprises de plus de 250 salariés. Jusqu’ici réservée aux plus petites structures, cette aide permet de déduire 1,50 euro par heure supplémentaire pour les entreprises de moins de 20 salariés, et 0,50 euro pour celles qui en comptent davantage. C’est toujours ça de pris dans la gestion de la masse salariale.
Ruptures et départs : la facture s’alourdit
Mauvaise nouvelle pour les entreprises qui envisageaient des ruptures conventionnelles ou des mises à la retraite, puisque la contribution patronale applicable aux indemnités de rupture passe de 30 % à 40 % sur la part exonérée de cotisations de sécurité sociale. Autrement dit, accompagner un départ vous coûtera plus cher qu’avant.
Le versement mobilité évolue
Si votre entreprise compte plus de 10 salariés, vous connaissez déjà le versement mobilité, une contribution qui finance les transports en commun. Or, les taux sont révisés deux fois par an (en janvier et en juillet). De plus, certaines régions appliquent désormais un versement mobilité régional et rural (VMRR). La géographie de cette taxe s’étend donc, et les montants peuvent varier selon votre zone d’activité. Mieux vaut vérifier où vous en êtes.
Coucou le malus senior !
Voilà une mesure qui va faire grincer des dents dans les grandes entreprises, à savoir un malus sur les cotisations patronales pour les structures de 300 salariés et plus qui n’ont pas mis en place d’accord collectif favorisant l’emploi des seniors (55 ans et plus). L’idée de ce dispositif est bien entendu d’encourager le maintien dans l’emploi et l’embauche des travailleurs expérimentés.
À noter que le montant exact du malus sera précisé par décret.
Exonérations de cotisations : du changement dans les zones en tension
Pour les entreprises qui recrutent dans des métiers en tension ou dans des zones économiques en difficulté (bassins d’emploi à redynamiser, zones France ruralités revitalisation, etc.), l’exonération de cotisations patronales est désormais plafonnée à 25 %. Fini le système sans limite ! La règle se durcit pour la plupart des employeurs. Seule exception notable, les exploitants agricoles, qui conservent l’ancien dispositif sans plafond pour soutenir ce secteur déjà sous pression.
L’ACRE fait peau neuve
L’aide à la création ou à la reprise d’entreprise (ACRE) est réformée depuis le 1er janvier. Le dispositif se recentre sur les publics les plus fragiles, avec une exonération partielle des cotisations sociales bien moins élevée qu’auparavant. Si vous créez votre boîte ou si vous en reprenez une cette année, sachez que les conditions d’accès à cette aide ont changé. Vérifiez donc que votre profil correspond bien aux nouveaux critères pour en bénéficier.

Apprentissage : moins d’entreprises aidées
L’absence de loi de finances pour 2026 a aussi des conséquences directes sur l’apprentissage, puisque l’aide à l’embauche d’un apprenti est désormais réservée aux entreprises de moins de 250 salariés. Les grandes structures perdent donc cet avantage financier qui pouvait atteindre 5 000 euros durant la première année de contrat (6 000 euros pour un apprenti en situation de handicap).
Des dispositifs zonés en pause
Toujours à cause du blocage budgétaire, certains dispositifs d’exonération fiscale en quartiers prioritaires de la politique de la ville (QPV) et en zones franches urbaines-territoires entrepreneurs (ZFU-TE) sont suspendus. C’est notamment le cas du crédit d’impôt « industrie verte ». Une incertitude de plus pour les entreprises qui comptaient sur ces aides pour leurs projets de développement ou de création d’emploi.
Influenceurs, place au contrat écrit
Nouvelle obligation également pour les entreprises qui collaborent avec des influenceurs. En effet, au-delà de 1 000 euros de paiement, un contrat écrit devient obligatoire.
Cela fait déjà un moment que le gouvernement souhaite mieux encadrer les relations commerciales avec ces nouveaux acteurs du marketing. C’est donc désormais chose faite. Évidemment, c’est un changement qui impacte surtout les services communication et marketing.
Et le fameux congé de naissance ?
On en parle beaucoup, mais attention, le nouveau congé supplémentaire de naissance ne sera finalement accessible qu’à partir du 1er juillet 2026. Attention, ce congé indemnisé et protégé ne concernera que les parents d’enfants nés ou adoptés à partir du 1er janvier.
En conclusion, pour bien piloter votre activité cette année, mieux vaut faire le point dès maintenant avec votre expert-comptable ou votre service RH, d’autant plus que lorsque le budget 2026 sera enfin promulgué, d’autres changements sont susceptibles d’intervenir. L’anticipation reste donc votre meilleure alliée pour éviter les mauvaises surprises. Bienvenue en 2026 !


