Vous avez un projet d’artisan et vous entendez parler du SPI un peu partout sans trop savoir ce que c’est ? Je vous rassure tout de suite, ce n’est ni un examen piège ni une énième formalité kafkaïenne de l’administration française. Dans les faits, c’est juste une formation courte de quelques heures, pensée pour vous éviter les erreurs classiques du débutant, en particulier en comptabilité. Toutefois, depuis la loi PACTE, ce stage n’est plus obligatoire. Mais il n’en reste pas moins une option intéressante pour beaucoup de futurs chefs d’entreprise, croyez-moi. Je vous propose d’aborder son fonctionnement ensemble pour que vous puissiez décider en connaissance de cause.
Le SPI, c’est quoi concrètement ?
Le Stage de Préparation à l’Installation (SPI) est une formation organisée par les Chambres de Métiers et de l’Artisanat (CMA), destinée aux futurs artisans. L’idée de départ est simple : si on peut être un excellent plombier, boulanger ou coiffeur, on peut aussi complètement perdre pied face à un bilan comptable. Or, le SPI vient combler ce manque, en abordant la gestion, le droit, la fiscalité et le statut social du chef d’entreprise.
Petit rappel historique pour briller en société : ce stage était obligatoire depuis 1982. Il était même une condition sine qua non pour s’immatriculer au Répertoire des Métiers. Cependant, depuis la loi PACTE du 24 mai 2019, il est devenu facultatif. Vous pouvez donc créer votre entreprise sans passer par la case SPI. Mais « facultatif » ne veut pas dire « inutile », loin de là. J’y reviens plus bas.

Qui peut (et qui devrait) suivre le SPI ?
Le SPI s’adresse à tous les créateurs et repreneurs d’entreprise artisanale, quel que soit leur statut (micro-entrepreneur, gérant de SARL, associé de SAS, etc.). Votre conjoint collaborateur ou un auxiliaire familial peut aussi y participer, ce qui est plutôt pratique si vous montez le projet à deux.
Pour savoir si vous êtes concerné, un seul réflexe : regardez votre code APE. C’est lui qui détermine si votre activité relève de la CMA (artisanat) ou d’une autre chambre. Notez aussi que vous pouvez vous inscrire dès la création de votre entreprise, ou plus tard, tant que celle-ci a moins d’un an.
Comment se déroule le stage de préparation à l’installation ?
Concrètement, le SPI dure environ 30 heures, réparties sur 4 à 5 jours. Certaines CMA proposent toutefois des formules plus souples que les cinq jours d’affilée, comme cinq lundis ou même le samedi pour ceux qui travaillent encore en parallèle.
Le programme tourne généralement autour de plusieurs modules :
- la culture entrepreneuriale et les étapes de création d’entreprise ;
- l’étude de marché et la stratégie commerciale ;
- la gestion financière et prévisionnelle (montage d’un plan de financement, présentation à une banque) ;
- les statuts juridiques et régimes fiscaux ;
- le statut social du dirigeant (TNS, conjoint collaborateur, couverture sociale).
Le stage se termine ensuite par un entretien individuel, histoire de faire le point sur votre projet et votre degré de préparation. À l’issue des heures prévues, vous recevez une attestation de suivi, qui peut d’ailleurs rassurer un banquier lors d’une demande de financement.
Et si vous ne pouvez pas vous déplacer, sachez que plusieurs CMA proposent désormais le SPI en e-learning, via une plateforme dédiée. Vous avancez alors à votre rythme, sur une trentaine de jours en moyenne. C’est une option pratique si votre planning est déjà encombré.
Combien coûte le SPI et comment le faire financer ?
Le prix moyen du SPI tourne autour de 260 € pour l’ensemble du stage, mais il varie d’une CMA à l’autre puisque le tarif n’est plus encadré par la loi depuis PACTE. Néanmoins, plusieurs dispositifs peuvent alléger la facture.
Par exemple, le SPI est éligible au CPF (sous le code certification 146840), ce qui permet d’utiliser vos droits à la formation via moncompteformation.gouv.fr. Depuis 2024, un ticket modérateur d’environ 102 € reste toutefois à votre charge, sauf si vous êtes demandeur d’emploi. Vous pouvez aussi solliciter France Travail (programme AIF), le FAFCEA, ou un financement employeur si vous êtes encore salarié au moment de créer votre activité.
Comment s’inscrire à un SPI ?
L’inscription au SPI se fait directement auprès de la CMA dont dépend votre future entreprise (sur place, par téléphone, ou en ligne selon les chambres). Vous remplissez un bulletin, joignez les pièces demandées (pièce d’identité, justificatif de financement, etc.), et votre CMA vous communique les prochaines dates de session. Depuis 2017, elle doit d’ailleurs vous proposer une date dans un délai de 30 jours.


