Ah, 2026… Une année qui s’annonce mouvementée pour les auto-entrepreneurs ! Alors que beaucoup espéraient un peu de tranquillité après les bouleversements récents, voilà que le régime de la micro-entreprise s’apprête à connaître son lot de nouveautés. Entre cotisations qui grimpent, factures électroniques qui débarquent et réglementations qui se durcissent, inutile de dire qu’il va falloir s’accrocher.
Mais rassurez-vous, tout n’est pas noir dans ce tableau. La loi de finances 2026 tarde à voir le jour ? Pas de panique, une loi spéciale fait le pont. Certaines mesures redoutées ont été abandonnées ? Bonne nouvelle ! D’autres arrivent ? Je vais faire le point.
Des cotisations sociales qui enflent (encore)
Commençons par la mauvaise nouvelle : les cotisations sociales vont augmenter. Pas pour tout le monde, certes, mais les professions libérales vont sentir passer la pilule. Si vous exercez des prestations en BNC sous le régime général de la Sécurité sociale, préparez-vous à voir votre taux grimper de 24,6 % à 25,6 % de votre chiffre d’affaires.
Alors oui, on nous explique gentiment que cette hausse permettra de bénéficier de meilleurs droits à la retraite et d’une couverture maladie améliorée, mais quand on calcule l’impact sur le revenu mensuel, on apprécie modérément. Par exemple, un entrepreneur qui génère 60 000 euros de chiffre d’affaires annuel verra ses contributions sociales augmenter de 600 euros.
Et les activités qui relèvent de la CIPAV ne sont pas épargnées non plus, avec un taux qui atteint 23,2 %.
En revanche, bonne nouvelle pour les commerçants et artisans, le taux reste stable à 12,3 % pour l’achat-revente et à 21,2 % pour les prestations BIC.
La facturation électronique débarque
S’il y a un changement qu’il faut craindre, c’est sans conteste la réforme de la facturation électronique, qui va chambouler vos habitudes administratives.
En effet, à partir du 1er septembre 2026, toutes les entreprises françaises, y compris les micro-entrepreneurs, devront être capables de recevoir des factures électroniques via une plateforme agréée. Fini le PDF envoyé par email !
Concrètement, cela signifie qu’il va falloir s’équiper d’un logiciel compatible et créer un compte sur une plateforme de dématérialisation. Même si vous êtes en franchise en base de TVA et que vous ne facturez pas la TVA à vos clients, cette obligation vous concerne dès lors que des partenaires ou fournisseurs vous envoient des factures. Pourquoi ? Parce que l’administration fiscale veut pouvoir suivre à la trace toutes vos transactions.
La suite arrivera en septembre 2027, où ce sera au tour de l’émission de factures électroniques de devenir obligatoire pour les micro-entreprises. À ce moment-là, vous devrez émettre vos propres factures dans un format structuré. Vous avez encore un peu de temps pour vous organiser, mais autant anticiper dès maintenant plutôt que de vous retrouver pris au dépourvu.
La franchise de TVA : changement ou pas changement ?
Voilà une information qui va faire plaisir : la franchise en base de TVA ne bouge pas en 2026. Après des mois de discussions houleuses et un projet de réforme qui prévoyait d’abaisser les seuils, l’Assemblée nationale a finalement enterré cette mesure en novembre 2025. Les auto-entrepreneurs concernés peuvent donc dormir sur leurs deux oreilles.
Les seuils actuels restent donc en vigueur. Pas besoin de facturer la TVA tant que votre chiffre d’affaires ne dépasse pas les limites déjà établies. Et tant mieux, surtout quand on sait à quel point le passage à la TVA peut compliquer la gestion comptable et impacter la compétitivité tarifaire (je l’ai expérimenté à mes dépens). De plus, les entrepreneurs qui travaillent principalement avec des particuliers y trouvent un avantage concurrentiel non négligeable.
Toutefois, prudence est mère de sûreté. Rien n’empêche le gouvernement de remettre cette réforme sur la table dans les années à venir, même si le rejet massif du Parlement rend cette hypothèse peu probable à court terme. La loi de finances définitive viendra confirmer cet abandon, mais les signaux sont clairs. Et pour une fois qu’une mesure controversée ne passe pas, on ne va pas bouder notre plaisir.

La responsabilité élargie du producteur s’amplifie
Les entrepreneurs qui mettent des produits sur le marché français doivent redoubler de vigilance en 2026, car la Responsabilité Élargie du Producteur (REP) ne rigole plus avec les contrôles. Concrètement, si vous fabriquez, importez ou distribuez certains produits, vous êtes tenu d’adhérer à un éco-organisme agréé et de régler une éco-contribution pour financer la collecte et le recyclage en fin de vie.
Et ces obligations se renforcent sérieusement cette année. Vous devrez désormais afficher votre numéro d’identification unique (IDU) sur tous vos documents (factures, site Web, conditions générales de vente, etc.). La traçabilité devient totale et les sanctions en cas de manquement ont de quoi vous faire frémir, entre les 30 000 euros d’amende possibles, les astreintes journalières, voire le déréférencement des marketplaces.
Si cette réglementation environnementale s’inscrit dans une logique de transition écologique et semble nécessaire, elle impose une charge administrative supplémentaire aux indépendants. Mieux vaut donc vérifier rapidement si votre activité entre dans une filière REP concernée et régulariser votre situation avant que les contrôles ne s’intensifient. L’ADEME, la DGCCRF et les éco-organismes ont désormais des pouvoirs élargis pour traquer les fraudeurs. Ce n’est plus le moment de jouer avec le feu.
Location de meublés : la surveillance se renforce
Les auto-entrepreneurs qui louent des meubles de tourisme vont connaître un encadrement beaucoup plus strict en 2026.
Depuis la loi Le Meur de novembre 2024, les règles du jeu ont changé, et les seuils du régime micro-BIC ont été revus à la baisse. Pour les meublés non classés, le plafond tombe à 15 000 euros de recettes annuelles avec un abattement réduit à 30 %. Les meublés classés et chambres d’hôtes gardent quant à eux un seuil à 77 700 euros, mais avec un abattement ramené à 50 %.
Au-delà de ces montants, c’est le basculement automatique vers le régime réel des BIC qui vous guette, avec toute la complexité comptable que cela implique (justification des charges, amortissements, tenue d’une comptabilité détaillée). Mais le plus marquant arrive le 20 mai 2026 avec la déclaration d’activité, qui devra obligatoirement passer par un téléservice national (et vous devrez prouver que le logement loué constitue bien votre résidence principale via votre avis d’impôt).
Pire encore, la location touristique nécessitera désormais une autorisation de changement d’usage délivrée par la mairie. Les collectivités locales récupèrent ainsi un pouvoir de régulation pour freiner la transformation massive des logements résidentiels en hébergements touristiques. L’objectif est clairement de préserver l’équilibre du marché immobilier et la disponibilité des logements pour les résidents permanents.
Les formateurs sous haute surveillance
Les auto-entrepreneurs formateurs ont intérêt à marcher droit en 2026, car la loi antifraude promulguée en juin 2025 tape fort sur ceux qui abusent des financements publics et du CPF.
En effet, les contrôles vont là aussi se durcir et les sanctions devenir redoutables. Dès les premiers indices de manquements (documents manquants, publicité trompeuse, irrégularités dans les bilans pédagogiques), une suspension du numéro de déclaration d’activité (NDA) peut s’enclencher.
Et si les contrôles confirment des manœuvres frauduleuses, une annulation définitive du NDA est possible, ce qui revient à interdire purement et simplement l’exercice de l’activité de formation. Mais ce n’est pas tout. En cas de suspicion sérieuse, la Caisse des Dépôts peut bloquer le versement des fonds CPF pendant trois mois, renouvelables si nécessaire. De quoi mettre à genoux la trésorerie d’un entrepreneur qui dépend de ces financements.
Pourquoi cette surveillance accrue ? Tout simplement pour lutter contre les dérives observées ces dernières années dans le secteur de la formation professionnelle. Transparence, rigueur documentaire et capacité à fournir des justificatifs deviennent des impératifs absolus pour conserver son NDA et continuer à bénéficier des financements publics.
Comme vous le voyez, l’année 2026 marque indéniablement un tournant pour les auto-entrepreneurs. Entre hausses des cotisations sociales, arrivée de la facturation électronique, durcissement des contrôles dans certains secteurs et nouvelles obligations environnementales, le quotidien se complexifie. Mieux vaut donc anticiper ces changements dès maintenant plutôt que de les subir, et tenez-vous informer régulièrement des évolutions législatives. Certes, le régime de la micro-entreprise conserve ses atouts, mais il exige désormais plus de rigueur et d’adaptation.



