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Comment dépasser le cap critique de la jeune entreprise ?

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Lancer son entreprise revient un peu à se jeter à l’eau sans vraiment savoir à quelle profondeur on plonge. L’adrénaline du projet, la fierté d’être enfin son propre chef, la liberté que l’entrepreneuriat fait miroiter, tout ça, c’est bien beau, mais la réalité peut vite prendre le dessus, et parfois brutalement. Parce que les chiffres ne mentent pas ! Près de 30 % des procédures collectives touchent des entreprises de moins de cinq ans. Plus concrètement, le cap des trois premières années est un vrai test de survie pour tout entrepreneur. Alors, comment le passer sans y laisser des plumes ? C’est ce que je vous propose de voir.

Année 1 : le feu de l’action… et ses pièges

Pendant la première année d’activité, un entrepreneur est souvent dans un état de semi-euphorie. Les clients arrivent (ou pas), le projet prend forme, il jongle entre mille tâches, etc. Pourtant, c’est là que se cachent les premiers pièges.

Le plus classique ? La sous-capitalisation. Une majorité des jeunes entreprises se créent avec moins de 5 000 € de capital. Clairement, c’est généralement insuffisant pour absorber les coups durs des premiers mois (et les coups durs, dans la vie d’une jeune entreprise, ça arrive toujours plus vite qu’on ne le croit). Sans capital solide, la trésorerie devient fragile dès le premier imprévu.

Autre erreur fréquente : croire que parce qu’on a une bonne idée, les clients vont suivre naturellement. La réalité de l’entrepreneuriat est tout autre ! L’offre doit coller précisément aux attentes du marché. C’est pour cette raison qu’avant de foncer tête baissée dans le développement, un entrepreneur doit tester, valider et ajuster. Le marketing n’est pas un luxe réservé aux grandes entreprises

Et puis il y a la solitude du chef. Quand on est seul aux commandes, on accumule les angles morts, et surtout, on prend des décisions sans filet, souvent dans l’urgence et sans recul. C’est notamment là qu’un bon réseau (réseaux professionnels, mentors, experts) fait toute la différence. Par exemple, un expert-comptable qui ne se contente pas de faire de la compta, mais qui joue un rôle de conseiller stratégique change vraiment la donne.

Années 2 et 3 : quand le vrai test commence

Si beaucoup d’entrepreneurs pensent que le plus dur est passé après la première année, ils se trompent. Lourdement, même. Les années 2 et 3 sont souvent encore plus critiques, et c’est peu de le dire.

Pourquoi ? Parce que les aides et exonérations de départ disparaissent. C’est par exemple le cas de l’ACRE. Autant dire que le choc fiscal et social qui accompagne cette période peut faire basculer une entreprise qui semblait bien partie. La gestion financière doit devenir un réflexe quotidien et ne pas être déléguée aveuglément à un comptable à qui on parle à peine.

Il y a aussi un paradoxe que beaucoup d’entrepreneurs ne voient pas venir : trop de croissance, trop vite, ça tue. Quand les clients affluent, mais que la trésorerie ne suit pas (à cause des délais de paiement, d’un besoin en fonds de roulement mal anticipé, ou d’une équipe trop vite recrutée), on peut se retrouver en danger alors même qu’on pense réussir. Un bon plan financier vous évite ainsi de couler à pic au moment où vous pensiez avoir le vent dans le dos.

Et puis, c’est aussi pendant cette période qu’une entreprise doit souvent muer. Passer du mode « je fais tout moi-même » à une organisation avec des collaborateurs, des processus et un management organisé aux petits oignons. Or, ce n’est pas inné pour tout le monde, et c’est souvent là que le syndrome de l’entrepreneur omnipotent devient un vrai frein à la croissance.

Selon l’INSEE, cinq ans après leur création, environ 69 % des entreprises créées en 2018 en France sont encore actives (hors micro-entrepreneurs).

Quelles sont les bonnes pratiques qui peuvent faire la différence ?

En matière d’entrepreneuriat, il n’y a pas de recettes miracles. En revanche, il y a des bonnes pratiques qui, combinées, augmentent sérieusement vos chances de dépasser le cap critique des trois premières années, et même des cinq premières pendant que j’y suis.

Déjà, pilotez votre trésorerie comme un obsessionnel. Un tableau de bord financier mensuel avec vos indicateurs clés (chiffre d’affaires, marges, charges, prévisions à 3 mois) est non négociable. Ne laissez jamais votre trésorerie vous surprendre. Votre expert-comptable peut vous aider à le mettre en place, mais c’est vous le chef, et c’est vous qui devez maîtriser ces chiffres.

Ensuite, entourez-vous des bons experts dès le départ. Un comptable qui comprend votre business, un conseiller juridique, un mentor qui a déjà traversé ce que vous vivez, tous ces partenaires ne sont pas un coût, mais un investissement dans la survie de votre entreprise. En matière de financement notamment, un courtier peut vous ouvrir des portes que vous n’auriez jamais ouvertes seul.

Ne négligez pas non plus votre développement commercial. Avoir des clients, c’est bien. En avoir suffisamment, et ne pas dépendre d’un seul gros client, c’est mieux. Diversifier son activité et maintenir une prospection active même quand tout roule est la meilleure assurance contre les mauvaises surprises.

Et puis, travaillez votre posture de manager. Déléguer, faire confiance à son équipe, structurer les tâches sans tout vouloir contrôler est un travail sur soi autant que sur l’organisation. La peur de lâcher prise coûte cher en énergie, en erreurs et en turnover. D’où l’intérêt d’un bon management, sauf que ça se construit et ça s’apprend.

Enfin, rejoignez des réseaux d’entrepreneurs. Comme je l’ai abordé plus haut, l’isolement est un ennemi silencieux de l’entrepreneuriat. Des réseaux comme BNI, Initiative France ou Réseau Entreprendre permettent de partager expérience, conseils et opportunités avec des pairs qui comprennent ce que vous vivez. Croyez-moi, l’intelligence collective vaut de l’or dans les années difficiles.

 

En bref, dépasser les trois premières années d’une jeune entreprise est un vrai défi, mais qui n’est pas insurmontable pour autant. Au-delà des outils et des stratégies, c’est souvent l’état d’esprit qui fait la différence entre ceux qui passent le cap et ceux qui s’y fracassent. Les entrepreneurs qui réussissent ne sont pas ceux qui évitent les crises, car personne n’y échappe, mais ce sont ceux qui les transforment en opportunités. Ce sont des gens qui ont su anticiper, s’entourer, piloter et s’adapter.

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Alexandre MARTIN
J'aime me présenter comme un 🛠️ Swiss Army Man 🛠️ du web, m'intéressant aussi bien au marketing digital, qu'à la rédaction, au storytelling, au développement web, au design ou encore à l'expérience utilisateur (UX). Après plus de 10ans en tant que responsable marketing digital du groupe Legal2digital, les formalités des entrepreneurs n'ont plus aucun secret pour moi ! Comptez sur moi pour tout vous dévoiler de leur vie secrète 😉 !
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